L’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé ce 11 février la création d’un groupe de travail pour mettre en œuvre le plan d’action visant à prévenir et traiter “plus efficacement” les situations “complexes” touchant les personnels médicaux. En l’occurrence, treize mesures ont été annoncées par la direction générale du CHU francilien le 4 janvier dernier dans la suite du suicide du Pr Jean-Louis Mégnien par défenestration mi-décembre sur son lieu de travail à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) à Paris (lire ci-contre). Les travaux de ce groupe vont être coordonnés par la direction de l’organisation médicale et des relations avec les universités avec l’appui de la commission médicale d’établissement. Il compte vingt membres (lire l’encadré) et donnera lieu à des recommandations opérationnelles remises le 15 avril prochain au plus tard, précise l’AP-HP par communiqué.

Le plan d’action se décline en deux axes :

– Prévention (sept mesures) : mieux prendre en compte les compétences managériales avant d’investir des praticiens de responsabilité ; mieux définir les responsabilités managériales des chefs de service et chefs de pôles ; entourer les procédures de nomination de chefs de service de davantage de garanties d’objectivité ; rétablir une durée limitée au mandat de chef de service avec une évaluation préalable à un éventuel renouvellement ; renforcer la médecine du travail ; repenser la fonction ressources humaines pour les médecins au siège de l’AP-HP et dans les groupes hospitaliers ; mettre en place les outils de suivi et de recherche pour mieux connaître la fréquence et la nature des situations à problème.

– Détection et traitement (six mesures) : mettre en place un dispositif d’identification des situations à risque au sein de chaque groupe hospitalier ; se doter d’un vivier de personnes susceptibles d’intervenir en mission d’audit, d’appui ou de médiation ; pouvoir déclencher ces interventions plus précocement et plus systématiquement ; pouvoir faire appel à une médiation externe à l’AP-HP en l’absence de médiation locale ou centrale satisfaisante ; garantir que ces interventions soient suivies de décisions ; se doter de chartes permettant de partager les règles du “mieux travailler ensemble”.

├Ç charge donc pour le groupe de travail de déterminer ce qui peut nécessiter des modifications internes, des changements concertés avec les universités, des modifications d’ordre réglementaire, des outils nouveaux à mettre en place voire des changements organisationnels, souligne l’AP-HP dans la lettre de mission. Ses membres formuleront notamment des propositions en matière d’accueil et d’intégration des internes et médecins, d’élaboration des bonnes pratiques managériales, d’accès aux responsabilités puis d’accompagnement à leur exercice. Sans oublier des recommandations “sur les secondes parties de carrière [et] la mise en place de dispositifs de compagnonnage”.

Publié le 11/02/16 – Thomas Quéguiner – HOSPIMEDIA